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Cancer de la prostate localisé et radiothérapie: faut-il augmenter les doses?

BRUXELLES 22/11 - Les patients avec un cancer de la prostate localisé peuvent bénéficier d'une radiothérapie. Mais quelles doses de radiations faut-il utiliser? Certains plaident pour une haute dose, quelle que soit l'agressivité de la tumeur en se retranchant derrière l'idée qu'on prévient une évolution péjorative et qu'on accroît probablement la survie globale. Une nouvelle étude prospective répond à la question… 

Il est aujourd'hui bien établi que certains cancers prostatiques, localisés, bien différentiés et dénués d'indices d'agressivité (score de Gleason < 7, taux de PSA < 3 ng/ml) peuvent fort bien ne jamais évoluer. Dans cette situation peut-on se contenter d'une irradiation à dose classique pour contrôler localement la tumeur ou faut-il frapper plus fort en se disant qu'on prévient une évolution progressive et qu'on allonge probablement la survie mais au prix d'effets secondaires. Une analyse antérieure de 5 essais cliniques randomisés a confirmé que l'escalade des doses dans le traitement du cancer de la prostate localisé peut améliorer le contrôle local et biologique de la tumeur mais aucune information n'a été apportée sur l'impact de cette stratégie sur la survie globale.

Dose standard ou dose escaladée?

Cette nouvelle étude (1) prospective non randomisée a comparé un schéma de radiothérapie à doses standards versus une escalade des doses chez des patients diagnostiqués avec un cancer de la prostate entre 2004 et 2010, répertoriés dans la National Cancer Database. Les patients ont été répartis en 3 cohortes selon le risque: patients à faible risque (n = 12.229), patients à risque intermédiaire (n = 16.714) et patients à risque élevé (n = 13.358). Dans chaque cohorte, les patients ont été classés en deux groupes, selon qu'ils recevaient une dose standard de 68,4 Gy à moins de 75,6 Gy, ou une dose escaladée de 75,6 Gy à 90 Gy. La survie globale a été comparée entre tous les groupes traités et un éventuel effet dose-réponse a été recherché. Les résultats montrent qu'escalader les doses est associé à une amélioration de la survie chez les patients à risque intermédiaire (HR = 0,84, CI95% 0,80 – 0,88, p < 0,001) et chez les patients à haut risque (HR = 0,82, p < 0,001). En revanche, les patients à faible risque ne bénéficient pas de l'escalade des doses (HR = 0,98, p < 0,54). Pour chaque accroissement par tranche de 2 Gy, on observe respectivement 7,8% et 6,3% de réduction du risque de décès dans les groupes à risque intermédiaire et élevé.

Injustifié en cas de risque faible

Pour les auteurs, c'est la démonstration de l'intérêt de l'escalade des doses pour améliorer la survie globale chez des hommes avec des cancers de la prostate localisés à risque intermédiaire et élevé. Les données plaident pour être moins agressif dans le traitement de ces tumeurs localisées chez les hommes à faible risque.

Référence:

1.Kalbasi A, et al. JAMA Oncol. 2015 Oct 1;1(7):897-906. doi: 10.1001/jamaoncol.2015.2316.

22 novembre 2015

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