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Irradiation pan-encéphalique après radio-chirurgie stéréotaxique

Vraie ou fausse bonne idée ?

Apparu Juin 2015 dans Belgian Oncology News

Excellente question qui mérite une réponse au cas par cas puisque le meilleur contrôle local associé à l’irradiation pan-encéphalique ne s’accompagne pas de bénéfice de survie, mais engendre en revanche une détérioration cognitive significative qui retentit négativement sur la qualité de vie.

Les métastases cérébrales sont les tumeurs malignes du cerveau les plus répandues. Toutes les tumeurs primitives sont susceptibles de donner des métastases cérébrales, mais les cancers broncho-pulmonaires, les cancers du sein et les mélanomes sont sans doute les plus grands pourvoyeurs. Le traitement classique des métastases cérébrales consiste en une radio-chirurgie stéréotaxique (SRS), une approche efficace dans un premier temps mais avec un risque élevé de reprise évolutive des lésions traitées et d’apparition de nouvelles lésions qui obèrent singulièrement le pronostic. Il a été montré que l’ajout à la radio-chirurgie stéréotaxique d’une irradiation pan-encéphalique (WBRT) diminuait significativement ces deux risques, sans toutefois améliorer la survie globale.

La cognition sur la sellette

Cette étude a concerné 213 patients porteurs de 1 à 3 métastases cérébrales d’au maximum 3 cm dans la plus grande dimension. La médiane d’âge était de 60 ans et le cancer primaire était pulmonaire dans 68 % des cas. Le critère principal d’évaluation était la détérioration cognitive à 3 mois, définie comme une diminution de plus d’une déviation standard par rapport au niveau documenté avant traitement sur l’une quelconque des différentes échelles de performance utilisées. Selon la randomisation, les patients ont été traités par SRS seule (dose de 20 à 24 Gy) ou associée à une WBRT (30 Gy en 12 fractions) auquel cas les doses de la SRS étaient ramenées de 18 à 22 Gy.

Un peu de pour, mais plus de contre

A 3 mois, la détérioration cognitive était plus importante en cas de WBRT associée (91,7 % versus 63,5 % ; p = 0,0007) et les principaux domaines altérés étaient la mémoire immédiate (30,4 % versus 8,2 % ; p = 0,0043), la mémoire à long terme (51,1 % versus 19,7 % ; p = 0,0009) et la fluence verbale (18,6 % versus 1,9 % ; 0,0098).

En termes de contrôle cérébral, les résultats sont effectivement meilleurs en cas de WBRT associée, avec à 3 et 6 mois respectivement 6,3 % et 11,6 % de progression versus 24,7 % et 35,4 % en cas de SRS seule (p < 0,0001), mais cela n’influence pas significativement (p = 0,92) la médiane de survie globale (figure WBRT) qui a même tendance à être moindre avec la WBRT (7,4 mois) qu’avec la SRS seule (10,4 mois). Les patients du bras WBRT avaient également de moins bons scores de qualité de vie que les patients du bras SRS. Les investigateurs suggèrent de s’en tenir à la SRS seule avec suivi régulier de l’encéphale. A vous de juger.

Paul D Brown et al. ASCO 2015 Abstract LBA4

http://meetinglibrary.asco.org/content/146056-156

27 juillet 2015

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